Salam (Raphaël Terreau)

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Editor: Raphaël Terreau (submitted 2017-09-26).   Score information: A4, 20 pages, 391 kB   Copyright: Personal
Edition notes:

General Information

Title: Salam
Composer: Raphaël Terreau
Lyricist: Tahar Bekricreate page

Number of voices: 4vv   Voicing: SATB (div) + recit.
Genre: SecularUnknown

Language: French
Instruments: A cappella

Published:

Description: Cycle of 5 pieces

External websites: http://raphaelterreau.fr

Original text and translations

French.png French text

L'épopée des nus
Ils arrivèrent sombres et nus
Aux portes des villes repues
Le ciel sourd aux étoiles
Les mouettes pour seules compagnies
Et des rêves comme des mirages
Remplis d’or et de défi
Ils échouèrent sur le large des côtes
Où le partage a couleur d’oubli
Où ton nom
Déroule sa houle
Dans les affres du sable humilié sans merci
O vieil océan
Quel gouvernail pour attendrir les vagues
Quelle mer pour recevoir les fleuves et les rivières
Mêler sel et douce source
Sans bois morts
Sans eaux troubles
Mais le limon
Fertile et fraternel.

Songe à Trieste
Te revoilà vieille mer
Remplie de mes ancres
Ni la vague absente
Ni le silence de la lumière
Ne disent à la mouette
Sois douce
Pour mes voiles
Combien de rides
Cordes offertes à l'errance
Faut-il au soleil
Pour être sourd aux canons
Voici mes mâts
Ja1ousant les insouciants sapins
Plus inquiets que les collines
De trop aimer les clochers
Sarajevo brûle
Que n'as-tu aboli les frontières
Dans les veines du vent
Ulysse
Aux secrètes amours
Dérobées à l'horizon.
Te revoilà épuisée mer
Des pas alourdis
Sur les quais
Ni le port
N'a ravi les corsaires
Ni la pierre
N'a sauvé les neiges
Les souvenirs
Portés par les écumes
Le sel blesse leurs ailes
La nuit vole leurs vols
Cime après cime
Tu crains les aigles
Leurs griffes comme des balles
Dans les brumes sonores
Que n'as-tu imploré les rochers
La désinvolte hirondelle
Mer meurtrie
Pour étreindre la frivole eau
Dans les bras du soir écarlate
Et éteindre tous ces incendies.

Salam sur Gaza
Dans les bras de la lumière
Et la beauté du monde

En dépit du plomb durci
A la barbe des sanguinaires

Ces flocons de neige
pour apaiser la terre

Du feu qui lui brûle les lèvres

Quand la braise nourrit mon cœur
Tendre dans les cours des rivières

Pourquoi détruisez-vous mon limon
Réduit en poussière

Le soleil vous fait-il peur
De voir votre propre ombre

Coquelicots pour la complainte de Bethléem
Si ton char tue ma prière
Si le canon est ton frère
Si tes bottes rasent mes coquelicots
Comment peux-tu effacer ton ombre
Parmi les pierres ?

Si mon église est ton abattoir
Si tes balles assiègent ma croix
Si mon calvaire est ton bougeoir
Si les barbelés sont tes frontières
Comment peux-tu aimer la lumière ?

Si ta haine par-dessus le toit de ma maison
Confond minaret et mirador
Si ta fumée sature mon horizon
Si tes haut-parleurs assourdissent mes cloches
Comment peux-tu honorer le levant.

Si tes griffes mordent mon sanctuaire
Si tes casques sont tes cuillères
Si tu arraches mon olivier
Ses rameaux pour ton fumier
Comment peux-tu retenir la puanteur des cendres ?

Si Jenine en arabe est foetus et embryon
Que tu enterres vivant oublieux de l'Histoire
Si la poudre est ton encensoir
Si tes fusées blessent ma nuit sombre
Tes dalles se consolent-elles d'être mes décombres ?

Si le mensonge est ton épine dorsale
Si tu nourris tes racines de mon sang
Si tu caches mon cadavre
Pour étrangler le cri de la terre
Comment peux-tu prétendre qu'elle est ta terre ?

De guerre en guerre
La mer ne sait d’où lui vient toute cette eau
Au large des déserts assoiffés de tant de fleuves
Une aile toute seule ne peut suffire à la mouette
Pour apaiser les brûlures de la vague et du sable
Toutes ces feuilles qui tombent sous la tyrannie
De l’hiver n’empêchent l’oiseau de se poser
Sur les branches libre et indomptable
Son chant nourri des neiges et du soleil
Qu’a-t-elle donc la terre pour gémir ainsi
Sous les décombres la palme percée par le tonnerre
De tant de nuits déchirées par les éclairs
Les primevères rasées par les bottes d’enfer
Je vous reconstruis saisons des veines
Des arbres, du sang de la lumière
Par-delà les frontières par-delà les murs
Si vous tremblez vous remuez ma poussière
Comment peut-on laisser l’enfant se nourrir
De galettes d’argile parmi les larmes du crocodile
Visages d’ombre chiffres sans nombre
Tours d’orgueil hippopotames lourds dans la boue
J’ai de toi île la colère de l’orange verte
Toutes ces failles dans la fêlure du vent
Comme une fissure béante dans la césure
À moi bourgeons contre tous ces cimetières.